Pour le développement du master en Médecine dans le Hainaut

L’Université de Mons et l’Université Libre de Bruxelles ont récemment introduit une demande d’habilitation pour le Master en Médecine dans le Hainaut, laquelle, après analyse par divers experts a été acceptée au sein de l’Académie de Recherche et d’Enseignement Supérieur (ARES).

En dépit d’un argumentaire solide, rigoureux et rationnel démontrant l’impact positif d’une telle habilitation pour la population Hennuyère, le mouvement réformateur (MR) a rejeté la proposition de l’ARES par le biais de son Président Georges-Louis Bouchez et de sa Ministre de l’Enseignement supérieur, Valérie Glatigny.

La Ministre prétend que, d’une part, ce Master coutera à la société et, d’autre part, ne permettra pas d’augmenter la population médicale active dans le Hainaut. Deux arguments fallacieux qui nous poussent, nous, citoyens, patients, para-médicaux ou médecins à signer cette pétition qui sera remise au Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles et rendue publique dans la presse. Plusieurs arguments scientifiques soutiennent le développement de ce Master en médecine dans le Hainaut :  

1. Le MR base son argumentaire sur le nombre total de candidats à l’entrée des études de médecine qui serait comparable entre le Hainaut (2438) qui ne possède pas de master et la province de Liège (2506) qui possède le Master en médecine. A travers cette comparaison des chiffres absolus, la Ministre ne tient pas compte du nombre d’habitants desdites régions. Si on tient compte de la population desdites régions, le Hainaut compte 1.8 candidats/1000 habitants contre 2.5 pour la province de Liège. Lorsqu’on s’attarde aux statistiques du Brabant Wallon et de la région Bruxelloise qui comptent 3 facultés de médecine complètes, on obtient 2.7 candidats/1000 habitants. Ainsi, les provinces qui ont un Master en médecine ont 38% et 48 % de candidats en plus que les provinces sans ce Master.

2. L’impact de l’organisation du Master en médecine sur l’augmentation du nombre de médecin dans le Hainaut prend son sens quand on s’attarde aux statistiques de pénurie Hennuyère. La province du Hainaut est en pénurie de diverses spécialités en médecine, en ce compris la médecine générale. En 2020, la moyenne était de 1 médecin par 1094 habitants, le seuil critique de pénurie étant de 1 médecine pour 1111 habitants (Walstat). Il apparait ainsi que 50% des communes du Hainaut sont actuellement en pénurie de médecins généralistes. Parmi les médecins encore actifs, 3.2% ont plus de 75 ans, et 21% des généralistes abandonnent leur pratique au cours de la première moitié de leur carrière. Le remplacement de ces médecins apparait donc crucial et est étroitement lié au développement d’une formation de proximité, d’une valorisation de la médecine générale pendant la formation via des stages régionaux et via l’installation des futurs médecins généralistes dans la province où ils ont réalisé l’entièreté de leur cursus. L’impact positif du Master en médecine dans le Hainaut a d’ailleurs été souligné et recommandé par les experts de l’Agence pour l’Évaluation de la Qualité de l’Enseignement Supérieur (AEQES).

3. Sur le plan financier, l’obtention du Master ne sera pas couplée au développement d’un nouvel hôpital académique puisque l’hôpital Erasme sera l’hôpital de référence dans ce Master de co-diplomation avec l’ULB. Le coût lié au développement du Master en médecine (inférieur à 500.000 € sur 3 ans) est marginal et reste bien inférieur à celui qui sera engendré par le Bachelier en Droit que la ministre Glatigny a accordé l’UCLouvain sur Charleroi et qui bénéficiera d’un crédit d’impulsion à hauteur de 2.400.000 € par an.

4. Sur le plan socio-économique et sociétal, l’organisation d’un Master en médecine à Mons permettra à de nombreuses familles Hennuyères d’épargner les coûts relatifs au logement/trajets lié à la réalisation d’un Master à Bruxelles ou Liège. Ce point mérite d’être souligné étant donné le niveau socio-économique plus bas du Hainaut en comparaison avec les autres provinces.

5. La Wallonie ne compte qu’une seule Faculté de médecine complète (ULiège), et, de facto, le développement du Master en médecine à Mons ne sera pas concurrentiel avec une autre Faculté locale.  

Par cette pétition, nous, citoyens, patients, médecins, para-médicaux soucieux de l’avenir et de la qualité de soins dans notre région, demandons au MR, au Gouvernement et au Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles de prendre leurs responsabilités d’élus politiques censés défendre et promouvoir l’intérêt des citoyens.

Nous demandons au monde politique d’accepter la demande d’habilitation de l’UMONS-ULB pour le Master en Médecine dans le Hainaut. Nous demandons que le monde politique fasse fi des jeux politiques malsains de majorité contre opposition, des stratégies partisanes et guerres de partis, pour soutenir un projet qui est étayé scientifiquement et validé par des experts de terrains et académiciens. 

Dans un contexte où les soins de santé ont été mis à mal durant les dernières décennies, il est temps de penser aux intérêts des citoyens. 


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