Pour un réexamen équitable des conditions d’accès au stage en master de psychologie (UCLouvain)
Nous, étudiants et étudiantes inscrits en année complémentaire d’accès au master en sciences psychologiques à l’UCLouvain, demandons le réexamen immédiat de la règle conditionnant l’accès au stage de master 1 à la réussite complète des 60 crédits du bloc complémentaire.
Nous ne remettons pas en cause l’exigence académique. Nous dénonçons l’application uniforme d’une règle à une cohorte dont la situation est, par définition, spécifique, et qui conduit à une forme de discrimination des parcours hybrides.
Les étudiants de passerelle ne sont pas des étudiants “en retard”. Nous sommes diplômés d’un bachelier professionnalisant, avec une expérience de terrain significative, incluant notamment plus de 500 heures de stage clinique, ainsi qu’une formation concrète à la posture professionnelle. À ce titre, nous sommes déjà engagés dans une dynamique de professionnalisation cohérente avec les attentes du master.
Exiger une réussite de 60 crédits sur 60 avant tout accès au stage revient, dans les faits, à imposer une obligation de réussite immédiate et totale dans une année particulièrement exigeante, marquée par une transition méthodologique importante et par les contraintes de finançabilité. Un seul échec, même marginal, peut alors bloquer l’accès au stage, retarder le mémoire, désorganiser l’ensemble du parcours académique et prolonger significativement la durée des études.
Cette règle produit ainsi des effets contraires aux objectifs qu’elle poursuit : loin de sécuriser les parcours, elle les rigidifie ; loin de soutenir la réussite, elle accroît la pression ; loin de limiter l’allongement des études, elle contribue à le rendre inévitable.
Elle s’ajoute en outre à une incohérence majeure : les étudiants du bloc complémentaire sont autorisés à anticiper des crédits de master, mais cette anticipation est ensuite comptabilisée dans le calcul de la finançabilité, réduisant de facto le temps disponible pour achever le master. Ainsi, la mesure réduisant l’accès au stage devient, en pratique, une mesure de plus qui est pénalisante.
Au-delà de ses effets académiques, cette règle pose un problème d’égalité des chances. En imposant une réussite parfaite dans un contexte déjà contraint, elle pénalise davantage les étudiants confrontés à des réalités personnelles telles que des problèmes de santé, des contraintes financières, des obligations familiales ou la nécessité de travailler en parallèle de leurs études.
Elle risque, dès lors, d’entraîner des conséquences particulièrement préoccupantes, notamment l’abandon des études par les étudiants les plus vulnérables, en contradiction directe avec les principes d’accessibilité et d’inclusion que l’enseignement supérieur se doit de garantir.
Enfin, l’annonce tardive de cette règle accentue son caractère problématique, en affectant directement la recherche de stage, la construction du programme annuel (PAE) et la planification académique des étudiants concernés.
Au regard de ces éléments, nous demandons :
- le réexamen de cette règle pour les étudiants inscrits en bloc complémentaire ;
- la mise en place d’une modalité adaptée, telle qu’une dérogation encadrée, un système de co-requis ou une mesure transitoire ;
- une clarification officielle, transparente et argumentée des objectifs et des fondements de cette décision ;
- l’ouverture d’un espace de dialogue réel avec les étudiants concernés.
Nous ne demandons pas un traitement de faveur. Nous demandons une règle juste, proportionnée et cohérente avec la réalité de notre parcours, respectueuse de l’égalité des chances et des exigences de la formation.
Daniel Julie Contacter l'auteur de la pétition